Une politique « indigène » pour les visas en Algérie

jeudi 6 août 2009
par  karim
popularité : 8%

[*

Bureaucratie des services consulaires français

Une politique « indigène » pour les visas

*]

Dans ses dernières sorties médiatiques, l’ambassadeur de France en Algérie a parlé de [*132.135 visas*] délivrés en [*2008*], dont 60% délivrés à Alger, 21% à Oran. Sur ce quota, on compte 93% de visas de court séjour, dont 22% de visas de circulation. « Des visas qui permettent d’aller passer l’Aïd en France, de rendre visite à sa famille ou à ses proches ». Derrière les chiffres, les réalités sont autres cependant.

La politique visas de la France vis-à-vis des Algériens a toujours fonctionné sur un double registre. D’un côté, une langue de statistiques, souvent très optimiste et généreuse, présentant le tableau d’un accroissement des autorisations d’entrée délivrées et de l’autre, une bureaucratie de restriction parfois abusive, souvent incohérente. De l’aveu même de certains cadres français établis en Algérie, « s’il y a un concours de bureaucratie entre l’administration algérienne et française, celle de la France peut l’emporter dans certains secteurs ». En effet, la politique centraliste des Français est connue de par le monde, et leur gestion des flux migratoires repose sur le principe de l’exclusion et des quotas et pas sur celui de l’étude des cas. « Une véritable politique de visas indigènes », expliquera un Algérien qui a été confronté au système des incohérences des services consulaires de ce pays, comparés à d’autres services diplomatiques d’autres nations voisines comme l’Espagne. Selon d’autres, la manne financière assurée par les frais d’étude des dossiers est énorme : « Calculez simplement une moyenne de[* 8.000 DA*] pour [*132.000 visas*] délivrés. Cela vous donne le total hallucinant de [*1.056.000.000 DA !!!*] ». Ceci sans prendre en compte l’autre chèque assuré par les dossiers refusés, car dans tous les cas de figure, avec le sésame ou pas, vous payez les frais ». Outre cette lourde absurdité de frais payés pour rien, avec en sus l’assurance voyage qui n’est pas remboursée en cas de refus, reste la politique française de visas.

« Là on est dans le délire », explique un sénateur algérien qui vient d’entamer des démarches pour des raisons de tourisme. « C’est à la dernière minute que l’on m’a informé que je n’avais doit qu’à un visa de circulation valable six mois ». Cela veut dire « simplement que presque chaque élu de l’APN et de la Chambre haute algérienne, doit renouveler sa demande deux fois l’an comme s’il n’avait que ça à faire ». Pour d’autres collègues de ce sénateur, « il s’agit d’une petite insulte faite aux deux principales institutions algériennes car l’on s’imagine mal un sénateur algérien harrag ou tenté par l’immigration clandestine !!! ». Un principe de réciprocité est même invoqué par certains qui rappellent que les élus français du Sénat ou de l’Assemblée française ne subissent pas de pareilles mesures, au moins par esprit de bon voisinage diplomatique entre les deux pays, eu égard à la valeur accordée à de hautes institutions d’élus des deux peuples.

« Le pire, expliquera l’un de nos interlocuteurs, c’est de se rappeler que les services consulaires semblent travailler plus au confort des porteurs de cabas et des beznassa qui vont remplir les caisses là-bas qu’aux élus algériens ou aux simples touristes ».

Une véritable politique de visa sans cohérence et qui confesse surtout une vision « statistique » et bureaucratique de l’Algérie, présente comme marché ou comme pays de ressources mais ignorée comme… dignité et comme politique.

M.L


Commentaires

Agenda

 

2020

 

 

Janvier

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829303112
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois