De l’Algérie au programme A220 : le rêve québécois devenu réalité

vendredi 21 février 2020
par  karim
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Arrivé au Québec en 1999 accompagné de sa petite famille et de sa mère, Lamine Foura, originaire de l’Algérie, a commencé sa carrière au pays comme consultant dans le domaine aérospatial. Au cours des 20 dernières années, il a réalisé un rêve en participant activement à la construction d’avions, dont l’A220 (ex-C Series). Un choix de carrière qui lui aurait été difficile de poursuivre dans son pays d’origine.

La décision de venir s’installer au Québec ne relève pas du hasard. « C’est francophone. L’Amérique du Nord en général représente aussi un rêve de pouvoir poursuivre une carrière professionnelle et un environnement très favorable à la diversité d’une façon globale. »

Même si travailler dans le domaine aérospatial n’était pas son but ultime au départ, travailler dans ce secteur à Montréal est une occasion exceptionnelle. « Il n’y a pas beaucoup de villes dans le monde où l’on peut exercer un emploi dans la fabrication des avions. Le rêve, en tant qu’ingénieur dans ce domaine, est de participer à développer un programme avion. Je m’estime chanceux de pouvoir le faire. »

Les défis de l’intégration

Diplômé en génie mécanique de l’École Polytechnique d’Alger en 1993, Lamine Foura n’a pas pu travailler comme ingénieur à son arrivée au Québec. Encore aujourd’hui, malgré la pénurie de main-d’œuvre, la reconnaissance des acquis constitue un énorme défi pour plusieurs immigrants. Il est alors devenu consultant en conception assistée par ordinateur chez Dassault Systèmes Canada.

En 2001, un mois seulement après les attentats du 11 septembre, contre toute attente, l’homme de confession musulmane a été remarqué par Bombardier.

Je ne peux pas affirmer qu’il n’y a pas de racisme ou de discrimination au Québec, mais il y a aussi de très belles histoires. Les directeurs avaient vu mon travail, et mes origines et ma religion n’ont pas été considérées lors de l’embauche.

« Le Québec reste une terre d’accueil très ouverte comparativement à beaucoup d’autres pays dans le monde », ajoute M. Foura.

Les deux combats

Lamine Foura a ensuite intégré l’Ordre des ingénieurs à titre junior en 2003. Il a également entamé une maîtrise en génie aérospatial à Polytechnique Montréal au cours de la même année pour, entre autres, faciliter la reconnaissance de ses acquis. « Pour moi, il y a deux combats. Il y a le combat de droit et de justice qu’on doit entreprendre pour que les acquis soient reconnus, mais il y a aussi le combat individuel où il est important de faire l’effort pour trouver un emploi qui demande des compétences précises, sans pour autant réclamer un titre. Beaucoup d’immigrants, quand ils réalisent que leurs compétences ne sont pas reconnues, tombent dans le désespoir. À mon avis, le plus grand ennemi de l’intégration des immigrants, c’est le désespoir. »

Lamine Foura est officiellement devenu membre de l’Ordre des ingénieurs en 2005.

Aujourd’hui, à l’âge de 50 ans, Lamine Foura est très actif au sein de sa communauté. Il envisage de prendre sa retraite à 60 ans afin de continuer à aider les immigrants à s’intégrer pour permettre à d’autres, comme lui, de réaliser leurs rêves.


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