Mercenaires : des combattants de fortune

Faire la guerre incognito
mardi 18 novembre 2014
par  karim
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Dans un monde où les conflits, de plus ou moins grande envergure, se multiplient, le rôle et le poids des mercenaires est devenu non négligeable, voire, dans certains cas, primordial.
Qui sont ces combattants « nouvelle génération », ces « salariés » de la guerre ?

Combien coûtent-ils ? Quel est leur rôle ? Qu’est-ce qu’une SMP ?

Qu’est-ce qu’un mercenaire ?

Troupe de mercenaires

On dit souvent de quelqu’un qui privilégie l’argent à toute autre considération qu’il est un mercenaire. Et cela colle bien à la réalité de ce type de combattant très particulier.

Combattant étranger spécialement recruté, moyennent finance, pour prendre une part directe dans un conflit, il vend ses services au plus offrant, mais a donc souvent une réputation peu fiable, car capable de retourner sa veste contre une offre financièrement plus avantageuse.

Aujourd’hui, un mercenaire est une sorte de « soldat freelance » prêt à venir à la rescousse contre des liasses de billets. Ils peuvent également faire partie d’une SMP (Société Militaire privée) qui, elle, est capable d’envoyer non pas un mercenaire, mais une troupe de mercenaires.

Un mercenaire, combien ça coûte ?

Un lot d’armes confisuqées à des mercenaires

Le milieu du mercenariat est un milieu opaque. Du coup, les informations sur leur rémunération n’ont rien d’absolument sûr, et ne correspondent qu’à des tendances, des fourchettes de prix.

Le conflit libyen, dans lequel ont participé pas mal de mercenaires, à la botte d’un Kadhafi abandonné par son armée régulière, a laissé filtrer quelques sommes qui pourraient correspondre aux salaires de ces mercenaires.

Certains de ceux qui ont été recrutés par Kadhafi affirment avoir touché entre 1000 et 20 000 dollars par jour (entre 725 et 14 500€). La fourchette est grande, mais donne un ordre d’idée.

Concernant les SMP, certaines embauchent régulièrement d’anciens membres des SEAL, de l’US Navy ou encore des Rangers de l’armée américaine comme lors du conflit irakien. Ces derniers seraient payés entre 150 000 et 200 000 dollars par an. Soit 10 à 15 fois plus qu’un militaire classique.

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Des membres de la défunte SMP des "Black Water"

Les « conditions » à remplir pour être considéré comme un mercenaire

En 1977, 167 Etats ont ratifié le premier protocole additionnel de la Convention de Genève de 1949, dans lequel un article, le 47, donne la définition exacte, et acceptée, sur le plan international, d’un mercenaire.

La voici :

1. Un mercenaire n’a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.

2. Le terme « mercenaire » s’entend de toute personne :

- a) qui est spécialement recruté dans le pays ou à l’étranger pour combattre dans un conflit armé

- b) qui prend une part directe aux hostilités

- c) qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d’obtenir un avantage personnel et pour qui est promis une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées d’un camp concerné par le conflit.

- d) qui n’est ni ressortissant d’une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ;

- e) qui n’est pas membre des forces armées d’une Partie au conflit

- f) qui n’a pas été envoyée par un État autre qu’une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit État. »

Pour qu’un combattant soit reconnu comme un mercenaire, il faut que toutes ces conditions soient réunies.

Différences entre un mercenaire et un professionnel de
l’armée ?

Un mercenaire dans une rue de Bagdad, en Irak

Un mercenaire est, dans la majorité des cas, un combattant de métier « à son compte » qui est recruté moyennant finance par un État, une entreprise, un mouvement politique ou toute autre organisation, pas forcément légale, en-dehors du système classique de recrutement militaire d’un pays.

Un militaire de carrière, lui, bien que rémunéré et parfois recruté sur contrat, se distingue d’un mercenaire par son adhésion à un statut militaire professionnel. Sans oublier qu’un militaire se bat également pour une cause qu’il soutient lui-même et qui implique son pays. Un Mercenaire, lui, se bat pour l’appât du gain et n’est convaincu que par les billets verts.

D’ailleurs, la différence de rémunération entre un militaire de carri
ère et un mercenaire est évidemment énorme.

Libye, le dernier exemple en date

Un mercenaire à la solde de Kadhafi arrêté par un soldat du CNT

Tout d’abord, il faut savoir qu’à partir des années 2000, le mercenariat « individuel » a progressivement disparu et laissé place aux SMP (Sociétés Militaires Privées) en plein essor. Depuis, les traces de ces dernières et de leurs combattants ont été retrouvées dans des conflits comme la guerre civile de Sierra Leone, l’Afghanistan et surtout en Irak.

Ces SMP fournissent différents types de services comme la protection d’installations, l’entraînement des troupes, la maintenance du matériel militaire et participent même, dans certains cas, aux combats armés.

Dernièrement, lors de la guerre civile libyenne, le dictateur Mouammar Kadhafi aurait recruté des mercenaires venus d’autres pays d’Afrique dès le début de la révolte afin de l’aider à combattre les insurgés

Robert "Bob" Denard : mercenaire pour la vie

Bob Denard lors de son arrestation aux Comores

Bob Denard, né Robert Denard est mort à Paris le 13 octobre 2007 à l’âge de 78 ans.

Il était un mercenaire français, sûrement l’un des plus influents et des plus connus de tous ceux ayant opéré en Afrique depuis la fin des colonisations.
Décrire sa « carrière » complète de mercenaire est quasi impossible tant cet homme a fait partie d’une multitude de conflits et de complots en tout genre.
Mais, pour ce faire une idée de l’incroyable parcours de cet homme, il faut savoir qu’après avoir fait la guerre d’Indochine, il quitte l’armée, en 1952, et commence alors sa nouvelle vie de mercenaire.

EN 1954, il est reconnu coupable de complot pour assassiner le 1er ministre Pierre Mendès France. Il fera 14 mois de prison.

A partir des années 60, on trouve sa trace dans des conflits au Zimbabwe (Rhodésie à l’époque), au Yémen, en Iran, au Nigéria, au Bénin, au Gabon, en Angola, au Cabinda, au Zaïre et surtout aux Comores, l’un des pays les plus instables de la planète.

Véritable figure de proue du mercenariat en Afrique, il est au centre d’un nombre incalculable de trafics, de coups d’Etat ou d’actions militaires obscures d’envergures.

Plusieurs journalistes ont tenté d’avoir des entretiens avec ce personnage hors norme, et d’en savoir plus sur sa vie « extraordinaire » afin d’en faire un livre. Lui avait pour objectif d’écrire lui-même ses mémoires.
Mais, atteint de la maladie d’Alzheimer, ces projets ne verront jamais le jour.

Il mourra le 13 octobre 2007, dans le dénuement le plus total, emportant avec lui ses secrets qui faisaient tant fantasmer.


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