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AÏD MUBARAK : La plus grande fête religieuse en Islam

vendredi 25 septembre 2015, par karim

Le Prophète responsabilise en laissant entendre que rien n’est donné d’avance.

La plus grande fête religieuse en Islam Aïd Al Adha qui a lieu le 10 du mois Dou Al Hijja, le douzième du calendrier musulman et un des quatre mois sacrés.

C’est donc en observant la lune dix jours auparavant que l’Aïd El Kabîr est annoncé dans les pays musulmans, qui correspond cette année au mardi 06 novembre. Cette fête commémore l’épreuve subie avec succès par l’Envoyé Ibrahim et son fils aîné Ismaël, autre Envoyé.

Le patriarche et grand Prophète Ibrahim fit donc un songe où Dieu lui demande de sacrifier son fils. Malgré le caractère surhumain de l’épreuve, ils acceptèrent. Cependant, au dernier moment, l’ange les rassura et leur demanda de sacrifier un mouton. C’est l’acte de remise en Dieu par excellence. Islam signifiant paix et remise en confiance. Aujourd’hui, à quelle épreuve est-on confrontée ?

[*Défis sans précédent*]

Le monde musulman est confronté à des défis sans précédent. Il est attaqué de toutes parts, mêlé injustement à des problèmes sécuritaires. Malgré la force de la foi, du patrimoine civilisationnel, sa riche histoire et ses potentialités, du dedans il étouffe sous le joug des despotismes des régimes et de l’incivisme de populations qui souffrent à 40% d’illettrisme et à 30% de chômage.

Cependant, c’est un monde hétérogène. Les musulmans ne forment pas une communauté monolithique, purement religieuse, mais une société où toutes les diversités se côtoient et tous les degrés de la foi et toutes les facettes des cultures s’entrecroisent.

Les niveaux de développement de la Turquie et du Yémen, de la Tunisie et du Niger ne sont pas les mêmes. Sur le plan social, le croyant pieux pratique sa religion dans le même espace que le croyant non pratiquant, le croyant des autres religions monothéistes et le non-croyant, en vivant ensemble et différemment.

Chacun reformule sa « foi » et ses valeurs en fonction de la marche du temps et des contraintes et besoins propres. On doit privilégier le vivre-ensemble. Le monde musulman, malgré l’épopée des luttes de libération comme celle de Novembre en Algérie, la plus prestigieuse, globalement a des difficultés à sortir du cycle de la décadence et de la dépendance économique, technique et scientifique. Plus encore, politiquement et culturellement, il recule.

Le monde entier constate à quels extrémismes et fermetures peut conduire la dérive fanatique de certains « adeptes » d’une grande religion comme l’Islam. Le musulman doit être entendu comme à la fois un exemple de civilisation qui témoigne d’une version équilibrée de l’humain et non point d’archaïsmes.

La fermeture et l’ignorance conduisent à des crispations et impasses. Pourtant, nous sommes capables d’authenticité et de progrès. Capables d’une possible alternative, de différences légitimes, de formes autonomes et communautaires de vie et d’activité, de pluralité, de savoir, marqués par la capacité à harmoniser l’individu et la communauté, l’unitaire et le pluriel, le permanent et l’évolutif, à créer et à expérimenter un sens de l’ouvert.

L’Islam est au centre de polémiques sans fin et prend la figure du dissident, méconnu, déformé et incompris par les siens et les non-musulmans. L’époque moderne, par-delà ses prodigieux acquis, est marquée bien plus que par un malaise de la civilisation, elle refuse le droit à la différence.

L’Islam n’est pas seulement une religion de la promesse pour l’au-delà ; il est aussi l’horizon de la présence, de l’engagement et de la vigilance dans le monde ici-bas, religion et monde, din wa dunya. En ce temps de Hajj et de fête du sacrifice, on doit se souvenir que notre responsabilité est engagée pour sortir du sous- développement.

« Le Coran est un texte ouvert », disent la plupart des grands penseurs de l’Islam, d’Ibn Arabi à Mohammed Iqbal et l’Emir Abdelkader. Le Prophète précise, symboliquement, dans un célèbre dire, hadith, qu’au début de chaque siècle et de chaque génération de musulmans, surgiront des novateurs et des penseurs pour réformer la religion, appliquer le droit de réinterpréter et dépasser les catégories particulières. Cela signifie, preuve à l’appui, que le texte laisse ouvert les possibilités d’invention et de création, bien plus, il appelle à l’ouvert.

L’être moderne accepte de s’exposer, de prendre le risque, cela le musulman l’a déjà expérimenté, même s’il a su garder la mesure, une exigence de l’horizon religieux.

Ce que le moderne, de son côté, doit comprendre, réside dans le fait que le musulman a participé, et le peut encore, de manière décisive, à la civilisation. L’Occident moderne s’est formé dans une métamorphose du rapport général au monde qui privilégie l’autonomie de l’individu autocentré et en même temps il nie les valeurs abrahamiques. La Renaissance européenne, la Réforme et les Lumières, par-delà leurs acquis, se sont construites sur un certain mépris de la religion, de l’autre différent et la condescendance face à l’Orient, considéré comme primitif ou malade.

[*Les interrogations*]

Aujourd’hui, l’humanité se débat dans des problèmes complexes. Il y a de plus en plus de gens malheureux, de violences et les impasses semblent le lot de notre temps. L’Islam est méconnu, déformé et incompris, par les siens et les non-musulmans.

Que sait-on de la vie scientifique et des stratégies d’avenir en cours dans le monde ? Quel rapport entre la démocratie et la société du savoir ?

Comment rester digne et forger un Etat de droit fort ? Comment faire face à la dictature du Marché ? Comment répondre à la « désignification » du monde, aux nihilismes, au risque de déshumanisation, autrement que par la consolation dans la religion, la lassitude, la perte de visibilité, ou un illusoire protectionnisme ?

D’autant que la « désignification » signifie par elle-même « une transformation » des valeurs de « signification » que nous devons recevoir et réinventer. Comment se projeter dans l’avenir ? Comment saisir ce qui se trame dans les laboratoires géostratégiques des grandes puissances ?

Comment comprendre que la vie des sociétés ce n’est plus sous l’expression de ce que nous avons connu ou cru connaître comme « sens ». Quels sont donc les concepts à privilégier et tenter de reconstruire comme réponses à ces interrogations ? D’autant que les religions ne peuvent être des systèmes alternatifs qui auraient à prévoir une réplique à toutes les interrogations du monde. On doit assumer nos responsabilités en comptant sur nos forces.

[*Passion, unité et confiance*]

Prenons au moins la peine, le jour de l’Aïd, de retrouver de la joie de vivre qui manque tant. Car sans passion, unité et confiance en soi, on ne peut relever les défis. Théoriquement, les croyants se rendent au lieu de prière en invoquant Dieu de façon joyeuse et individuelle.
Il faut sortir des visages renfrognés. A la mosquée, une invocation collective, oraison de joie : « Dieu est le plus grand, louange à Dieu » est dite avec ferveur par les fidèles. Puis l’imam guide les fidèles pour la prière de l’Aïd Al Adha et ensuite il donne son sermon. A la fin, tous se félicitent et expriment des voeux. La fraternité est centrale.

Des théologiens recommandent de repartir chez soi par un différent chemin que celui emprunté à l’aller pour rencontrer d’autres gens et leur souhaiter bonne fête.

Le cérémonial du sacrifice du mouton doit se tenir sous le signe du partage, à la fois, pour que les familles en fassent autant, ou au contraire ce geste peut remplacer symboliquement l’acte du sacrifice pour ceux qui n’ont pas les moyens. Une grande partie du sacrifice doit être donnée en tant que « Sadaka », don aux plus pauvres.

Aïd El Kabîr est une occasion pieuse pour renforcer les liens de la société, pour pardonner à ceux qui nous ont fait du tort et de prier pour obtenir le pardon de Dieu.

Visiter les tombes des proches pour se recueillir à leur mémoire et se rendre dans les hôpitaux pour réconforter les malades est conseillé.
L’Aïd El Kabîr c’est le deuxième jour des rites du Hajj, le grand pèlerinage, rassemblement universel d’une belle communauté, aujourd’hui en crise. Le premier jour étant celui de la station d’Arafat, jour le plus béni de l’année, car en ce lieu sacré et moment saint, la tradition précise que « Dieu » lui-même « descend » sur sa communauté de pèlerins pour les purifier et exaucer leurs invocations. Nous sommes dans un moment fort, la pure spiritualité, un immense privilège. Le Hajj étant le « voyage vers Dieu ».

Le sceau des prophètes, ce jour-là, nous a légué son testament : le « Discours d’Adieu ». Gardons bien en mémoire ses paroles sages et lumineuses pour vivre la foi en toute piété et sincérité et vivre ensemble en bonne intelligence.

Le Prophète responsabilise en laissant entendre que rien n’est donné d’avance, pour progresser soyons créatifs, attentifs et engagés. Croire c’est faire confiance et agir. Aïd Mubarak.

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