ALGERIE : Des policières pour des missions d’infiltration Elles sont 3 000 dans les renseignements généraux

, par  karim , popularité : 8%

Elles sont près de 3 000 policières dans les renseignements généraux, soit une moyenne de 28% des effectifs féminins dans ce corps.

Les policières algériennes chargées des renseignements généraux se sont vite adaptées à ce métier à haut risque. Aujourd’hui, elles sont parvenues à s’infiltrer dans des réseaux de drogue, prostitution, vol, émigration clandestine, enlèvement de mineurs, où des femmes criminelles font partie de ces groupes de crimes, voire parfois chefs de ces réseaux. Les femmes policières ont démantelé plusieurs réseaux grâce à leur infiltration.

Elles ramènent des informations très importantes qui, par la suite, permettront aux autres policiers d’identifier les personnes qui font partie des réseaux criminels, et bien sûr de passer à l’action pour arrêter les cerveaux de ces groupes. Un travail de renseignement à haut risque pour ces policières ; toutefois, elles s’engagent avec beaucoup de volonté et de courage.

Les femmes policières prouvent que le dévouement, le sens du devoir et le professionnalisme sont des valeurs qui s’accordent au masculin et au féminin. Grâce à leur contribution, plusieurs centaines de femmes criminelles ont été arrêtées durant ces deux dernières années. Par ailleurs, le nombre d’enlèvements d’enfants dans notre pays (120 kidnappings par an) a poussé la police algérienne à revoir sa stratégie de lutte mise en place depuis cinq ans.

Les trafiquants d’enfants ont élargi leur champ d’action vers d’autres zones jusque-là épargnées par ce fléau dangereux. Devant cette situation, la DGSN s’est adaptée au fur et à mesure. Plusieurs éléments de la police sont mobilisés sur l’ensemble du territoire national pour assurer une bonne couverture sécuritaire afin de venir à bout de ces réseaux.

Il y a quelques années, des hommes policiers s’occupaient des enquêtes concernant les affaires d’enlèvements de mineurs, aujourd’hui ce sont des femmes policières qui prennent en charge ce genre d’affaires.

Une première en Algérie, faut-il le signaler. Elles viennent sur cette nouvelle lancée amorcer la féminisation des unités opérationnelles de la police.

Elles occupent des postes très importants et opérationnels, commandants, officiers, sous-officiers et civils assimilés, et tiennent désormais une place de choix, voire incontestable dans l’institution. Beaucoup d’affaires liées aux rapts d’enfants ont été élucidées grâce à la contribution de ces femmes qui ont infiltré des réseaux de trafic de drogue. En plus des infiltrations des réseaux de trafic de mineurs, il y a eu des opérations d’infiltration de groupes et bandes de criminels, notamment lorsqu’il s’est agi de criminalité féminine, pour démanteler ces réseaux de femmes impliquées dans toutes sortes de crimes et délits.

On parlera ici de vol, prostitution, émigration clandestine, meurtres, contrebande, crimes moraux, incitation à la débauche. Grâce à cette nouvelle mobilisation des femmes policières, la DGSN a connu une année 2009 exceptionnelle en matière de lutte contre les réseaux de trafic de mineurs.

En effet, plusieurs trafiquants d’enfants ont été arrêtés après des enquêtes et des infiltrations menées avec succès par des femmes aux uniformes verts. A Tizi Ouzou comme à Alger, à l’est et à l’ouest du pays, les arrestations se sont succédé et les résultats sont plus qu’encourageants. Elles sont aujourd’hui la fierté de la police algérienne. Grâce à elles et à leurs camarades, plusieurs succès ont été réalisés.

Chacune parmi ces femmes policières a contribué, à sa manière et dans son domaine, à apporter un plus à la DGSN. Le lieutenant M.C., 29 ans et mère d’un enfant, appartenant à la section des renseignements généraux au sein de la DGSN, s’est engagée corps et âme pour lutter co
ntre le crime organisé qui s’est beaucoup développé dans notre pays.

Cette dernière, comme des milliers d’autres femmes policières (aujourd’hui plus de 3 000), a beaucoup apporté pour que l’Algérie demeure forte.

Comme ses collègues, elle a suivi une formation fondamentale à l’Ecole supérieure de la police de Soumaâ, à Blida. A sa sortie, en 2005, elle a été affectée au sein du groupe crime organisé, où elle participait activement aux opérations, faisant des patrouilles avec ses collègues hommes et femmes, au cours desquelles ils se faisaient passer pour des couples discrets.

Une bonne couverture dans un milieu civil pour ne pas être identifiés par les criminels, et pour surtout n’éveiller aucun soupçon qui pourrait provoquer l’échec de leur mission, les piéger et procéder à leur arrestation par la suite avec l’intervention de renforts, si besoin est. Le lieutenant M.C. a infiltré à plusieurs reprises les réseaux de trafic de mineurs, grâce à sa riche expérience, elle a su faire tomber les têtes pensantes de réseaux de trafiquants. Mettant sa vie en danger, M.C. sait très bien que cela n’a pas de prix surtout lorsqu’il s’agit de la vie d’enfants.

Cette jeune maman n’a rien à craindre lors de ces missions d’infiltration car elle sait qu’elle n’est jamais seule, toujours couverte, soutenue et surveillée de loin par le reste du groupe. M.C. a rejoint récemment le groupe de renseignement toujours au sein de la section de recherches, où elle auditionne des témoins, des suspects ou encore de simples personnes dans le cadre de certaines enquêtes de routine.

Par Sofiane Abi